Les travaux en images

Travaux d’agrandissement des locaux pour le regroupement des classes


 


Travaux d’assainissement 2014-2015

Mérié et ses forêts

« Méry-ès-bois » est un des rares villages à posséder un surnom, « Mérié », plus usuel que son nom propre dans tout le Nord du département.

« Méry » signifierait « mère-nourrice » en vieux Français, donc « nourrice de bois », ce que l’on retrouve effectivement dans les anciens documents qui attestent que c’est en ce lieu que l’Archevêché de Bourges s’alimentait en bois de chauffage. Des indications, notamment un plan de 1538, permettent d’imaginer qu’une forêt à peu près continue couvrait les 9200 hectares de la commune. Mais la présence des hommes remonte à la plus haute antiquité, la preuve en est apportée par la découverte, sur le sud du territoire, de nombreuses haches polies en silex gris datant de l’époque néolithique. On trouve aussi d’importantes quantités de laitier qui indiquent qu’à une époque antérieure à la conquête romaine, des hommes surent fondre et utiliser le minerai de fer, notamment dans la plaine de Mitterand (qui signifie « laitier de sang », le minerai étant extrait de l’argile rouge), au lieu-dit « le laitier pilé » près de la source du Barangeon, ainsi qu’en bordure du ruisseau « mocquart » où se situait un habitat préhistorique, et où également ont été ramassées des haches en pierre polies. Sur ce même site, dans le secteur de « La motte », les Bituriges (Gaulois du Berry) auraient forgé leurs armes sur le « champ du laitier », où sera édifiée beaucoup plus tard l’abbaye de Lorroy.

Nous avons également la chance de posséder au Nord de notre commune une très belle forêt de Sologne, où déjà 52 ans avant JC, les soldats Romains et les guerriers de Vercingétorix se sont surpris, obligeant Jules César à jeter son trésor au fond d’un étang qui porte désormais le nom de « Lac des Armées ». Ce trésor y est encore aujourd’hui, du moins c’est ce que nous rapporte la légende, en laquelle nous croyons fermement… En cette même forêt, où le dernier loup fut tué en l’été 1885, une antique forteresse transformée en auberge dit du « Château de la Guette », du nom de son ruisseau, nous a laissé une célèbre mais triste légende du Moyen-âge, celle de « l’Auberge rouge » où l’on détroussait les voyageurs avant de les faire disparaître.

A l’Est, s’étend du Nord au Sud sur plus de 10 kms notre superbe forêt domaniale de Saint-Palais, qui de par sa situation géographique à la frontière de la Sologne et du Pays-Fort, ajoutée à l’interaction de l’altitude, du soleil, de la pluie et des grands froids, a engendré des bois aux caractéristiques mécaniques exceptionnelles. Preuve en est, il y a encore quelques années, trônait majestueusement du haut de ses 35 mètres, un arbre légendaire : « le chêne Saint-Etienne », portant le nom de la Cathédrale de Bourges, dont ses aïeux furent certainement utilisés dans la construction de la charpente de la nef. Âgé de plus de 400 ans, situé paraît-il à l’interconnexion des forces telluriques, il fut décimé par la foudre en 1993. Couché avec tout le respect que lui devions, et grâce à la magie du savoir-faire des « merrandiers » de notre village, 50 tonneaux furent réalisés et réservés au vieillissement du vin de Sancerre. En sa souche de plus de 5 m de circonférence, repose sa mémoire qui pourrait nous conter comment l’enfant Louis XIV, âgé seulement de 13 ans, traversa cette forêt dans la matinée du samedi 7 octobre 1651 en direction de Bourges, pour rétablir son autorité dans la capitale du Berry qui était alors sous le contrôle du Prince de Condé. Rien n’établit que le futur « Roi Soleil » n’ait aperçu au fond du « vallon de Lorroy » une puissante abbaye cistercienne, qui, quelques 10 ans après son passage, sera totalement détruite par un incendie.

Aujourd’hui, la forêt reste la principale ressource économique de notre village. Nos « merrandiers » ont une réputation internationale. Les merrains, ces lames de bois fendues dans le fil, qui après rabotage et mise à longueur se nommeront des « douves », sont d’une qualité très recherchée par tous les meilleurs fabricants de tonneaux Français. Des menuisiers et charpentiers sont venus également nous rejoindre. La production de bois de chauffage est aussi toujours en activité, et pour longtemps encore.

Les reliques de Sainte Solange

SAINTE SOLANGE

Née au « Pré Verdier » dans le hameau de Villemont, la petite bergère, ayant fait vœu de virginité pour se consacrer à Jésus, avait refusé les avances du Seigneur Bernard de Gothie, « Comte de Bourges », qui l’a décapitée le 10 Mai 878 (peut-être 890 ?), près de la rivière de Ouatier. Elle fut reconnue Sainte Patronne du Berry et est célébrée par un pèlerinage tous les Lundis de Pentecôte.
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LES RELIQUES

Confiées à l’abbaye de Loroy le 8 Juin 1511 par Denis de Bar, à l’origine dans deux grands reliquaires en cuivre ciselé et damasquiné, les reliques de Sainte-Solange furent transférées dans six reliquaires de bois doré en 1764, puis transportées en 1791 de l’abbaye jusqu’à l’église de Méry-ès-bois. mery-es-bois-attestation-de-transfert-par-le-moine-olivier

Ce transfert fut l’objet de la dernière cérémonie de l’abbaye, par l’Abbé Dubé, entouré de quarante prêtres et de tous les fidèles de la Paroisse. L’Abbé Pierre Dubé, curé de Mérié de 1734 à 1793, dont les ornements sacerdotaux sont exposés dans l’église de La Chapelle d’Angillon, était le frère de Françoise HENRY des Tureaux.

Cachées dans un angle du clocher par le Curé Rossignol pendant La Terreur, les reliques de Sainte Solange traversèrent intactes les temps de suppression du Culte. Tous ces renseignements furent confirmés par le curé Grassoreille, le 18 Janvier 1838.

Le 10 Février 1846, une partie de ces reliques fut donnée à l’église de la commune de Saint-Martin-du-Crôt, qui porte désormais le nom de la Sainte, et qui avait subi la destruction de sa châsse en bois originelle. L’autre partie (morceau de crâne, fragment de mâchoire supérieure et une dent) est dans un reliquaire en cuivre doré de belle facture, en l’église de Méry-ès-bois.

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Firmin Saint patron de Méry-ès-Bois

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Vers l’an 250, Firmin, l’un des disciples de Jésus-Christ, évangélisait la Gaule prêchant de village en village, vêtu d’un grand manteau à capuchon qui le couvrait jusqu’au sol, les pieds protégés de sandales faites de planchettes retenues par des lanières de cuir.
Au crépuscule d’un jour, cet homme arriva de « Rondin  » après avoir franchi le dernier tureau, ces levées de terre qui matérialisaient la frontière entre deux propriétés. Il s’arrêta au pied d’un chêne, vieux maintenant de 2000 ans, se fit un abri de quelques rameaux de sapin, et se coucha.
Au matin, il se réveilla au milieu de la « Grand’pièce », cette terre des « Fontaines », aujourd’hui La Fontenille, où jaillissait une source déjà connue des Gaulois. Il y puisa de l’eau, en but une gorgée qu’il recracha aussitôt : c’était de l’eau empoisonnée !
Le mal était déjà en lui. Souffrant atrocement de la soif, il traversa rapidement haies et buissons pour arriver enfin à une fontaine où coulait une eau claire au milieu d’un immense pré dit « du grand Beschignoux  ». Il se désaltéra, retourna dans son gîte de fortune, et y passa encore une nuit pour reprendre vigueur.
Le lendemain, traversant le village, parlant à tous ceux qui le voyaient de cette source miraculeuse qui l’avait sauvé, il disparut en direction des champs de renoncules que l’on appelait à cette époque des « clairs-bassins » que sont aujourd’hui « les Bassineries ».
Franchissant la lisière de la forêt, ce pauvre moine pensait-il que les arbres majestueux qui l’ombrageaient seraient utilisés dans la charpente d’une des plus belles cathédrales du monde, symbole d’une religion qu’il prêchait alors ?
Pouvait-il imaginer qu’en ces lieux, sur la rive du ruisseau dit du « mocquart » qu’il franchissait, se dresserait dans mille ans une abbaye cistercienne où vivraient dans la pénitence et le travail, des hommes dont il sera lui, Firmin, un exemple de courage ?
Quelques 30 années plus tard, en l’an 287, il sera torturé et décapité, accédant ainsi à la Sainteté sous le vocable de « Saint-Firmin » ;
Saint que tous les Méryboisiens célébrèrent pendant des siècles par une importante procession le Dimanche suivant le 24 Septembre.
Depuis quelques années, une procession a de nouveau lieu sur le site même de ce pré qui le reposa, et sous la protection de sa fontaine miraculeuse qui porte désormais son nom.
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Le vieux chêne qui le protégea au premier jour est maintenant tombé. Mais personne n’y touche, car on prétend qu’il saigne lorsqu’on l’écorche.

Michel DESIR

L’église de Méry-ès-Bois

C’est donc sous le vocable de « Saint-Firmin », premier évêque d’Amiens au IIIème siècle, qui évangélisa « la terre de Méry », et dont il devint le Saint-Patron après avoir bu à la source miraculeuse qui porte désormais son nom, que l’église fut donnée en 856 à l’abbaye de « Saint-Sulpice » (anciennement le monastère « Notre Dame de la Nef » créé par Saint-Sulpice II, dit « le Pieux »), par l’Archevêque de Bourges, Raoul de Turenne, sur la volonté de Charles-le-Chauve.

Comme tant d’autres, l’église comprend certaines parties datant du XIème et du XIIème siècle, notamment le mur du Nord avec une petite fenêtre haute de plein-cintre à petits claveaux. La chapelle du Sud paraît dater du XIVème siècle avec sa fenêtre à meneaux tréflés au sommet, et un oculus au-dessus. Mais toute l’abside accuse la fin du XVème siècle ; elle est à trois pans, éclairée de trois grandes fenêtres. Celles de côté n’ont qu’un seul meneau, celle du milieu en a deux qui s’entrelacent au sommet.

L’abside est voûtée à l’intérieur, sur nervures à profils évidés, reposant soit sur des pilastres ronds, soit sur culs- de-lampes formés d’Anges couchés. A la clef de voûte du chœur, figure le Père éternel bénissant et portant le globe crucifère. Figure également un écusson vide ayant pour supports un ours et un lion (armoiries des Princes Orsini dont un membre fut Abbé dans l’abbaye de Loroy). La corniche est positionnée sur un tore soutenu par une gorge.

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Le clocher primitif se situait au-dessus de la première travée du chœur, il fut déporté près du pignon à l’ouest lors de la construction de la chapelle du Sacré-Cœur offerte en 1881 par la famille de Clermont-Tonnerre qui habitait l’abbaye de Loroy.
La date de 1525 figure sur l’une des cloches.
En 1824, le Desservant de Méry-ès-bois, Henry François, a béni une seconde cloche.

Electrification des mouvements le 23 août 1968, par décision du Conseil Municipal.

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Quelques détails spécifiques de l’église

 

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Les dalles funéraires de Loroy

Dans l’église de Méry-ès-bois, sont deux pierres tombales (ainsi que quelques stalles en bois, les plus belles d’époque Louis XV sont dans l’église d’Henrichemont) apportées de l’Abbaye cistercienne de LOROY (Lorregius, Lorroy, Loroy) pendant la révolution, où les seigneurs de Sully avaient le privilège d’avoir leurs sépultures :

L’une est du XIIIème siècle, la bordure et une surface au milieu droit ont été enlevées. Des croix de consécration tracées sur des surfaces vides aux quatre angles, ainsi que l’évidement central qui avait pour but de loger un tabernacle, transforment ainsi la pierre en table d’autel.
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Le dessin, en trait large de 5 à 7 millimètres, représente un guerrier debout, sous un arceau aigu sous-tendu de meneaux trilobés reposant sur des pilastres (colonnettes) à chapiteaux fleuronnés et à bases toriques.
Le guerrier a la tête nue, les cheveux longs ondulés de chaque côté mais courts sur le front, avec une barbe courte. De pleine face, les traits sont réguliers avec un nez assez long. Le corps est couvert d’une cote de mailles qui est visible aux bras, aux mains jointes droites en prière devant la poitrine, aux jambes, aux pieds, et dont le haut est en bourrelet autour du cou. Par-dessus, une tunique d’étoffe sans manche, serrée à la ceinture, et tombant jusqu’aux genoux. A son bras gauche est suspendu un bouclier portant les armoiries des Sully « lion sur un champ semé de molettes d’Or sur fond d’azur ». L’évidement a enlevé la pointe de cet écu et une partie du baudrier percé de trous. La pointe de l’épée va obliquement de la droite en haut vers la gauche en bas.
Dans les tympans de l’arceau sont deux cercles : l’un, à gauche, à rayons infléchis, représente le soleil ; l’autre, à droite, garni de traits croisés, figure la Lune.
Les inscriptions : sur la bordure en haut « …IACET NOBILIS », sur la bordure en bas « CO QVI DECESSIT IN APVLIA », le reste est en points elliptiques. Les lettres C,E et D sont lunaires et fermées ; les N ont la seconde branche ondulée, et les A ont la partie supérieure horizontale longue. Sur la bordure droite manque « Dominus Henricus De Solia » (sans preuve).
Cette pierre tombale est certainement celle de Henry II de Seuly (Sully) qui mourut en 1269 en Apulie (contrée de l’Italie antique correspondant aux Pouilles), au service de Charles d’Anjou, frère de Saint Louis IX, et Roi de Naples quand la royauté des Deux-Siciles lui fut attribué en 1266.

Il existe dans la chapelle de droite, une autre tombe à laquelle manquent la partie supérieure et le nom du défunt, mais qui porte la date d’août 1417.

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Il est représenté couvert d’une armure de fer dont les coudes sont garnis de plaques rondes. A son côté gauche est une épée courte qui tombe droit, et à sa droite, une dague. Aux côtés, des pilastres à bases prismatiques devaient porter un dais.
Il ne reste de l’épitaphe en minuscules gothiques que : « …GENON LEQVEL TRESPASSA LE … IOVR DAOVST L’AN DE GRACE MIL QVATRE CENS DIX SEPT PRIEZ DIEV QUE DE LVI…. » On a supposé longtemps que sous cette dalle reposait un des enfants de Marie de Sully , Princesse de Boisbelle, et de Guy VI de la Trémoille (Trémouille dit « le Vaillant » décédé à Rodhes des suites de la bataille de Nicopolis en 1398).
Cependant, il semble plus vraisemblable qu’il s’agit d’un autre Seigneur dénommé Troussebois de Villegenon, comme tend à le prouver la terminaison GENON gravée dans la pierre. Cette famille avait un lien avec Lorroy. Comme pour l’autre pierre tombale, des croix de consécration nous indiquent son emploi comme autel.

L’Abbaye de Loroy

Cachée au creux d’un vallon, à une lieue de notre commune de Mérié, se dresse depuis l’an 1125 une abbaye cistercienne que la Famille de Sully protégea pendant 300 ans : «l’Abbaye de Loroy» .

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Il faut imaginer au XIIème siècle un site beaucoup plus sauvage qu’aujourd’hui, avec une empreinte plus forte des bois de la forêt de Saint Palais toute proche, où coule le ruisseau du «Mocquart » avant de se jeter dans la petite Sauldre, et où le paysage garde une certaine austérité dans le calme sévère imposé par l’Ordre des moines blancs de Citeaux.
……..“Il est des lieux, écrivait Barrès, où souffle l’Esprit”…..
On ne saurait oublier que dans ces ruines puissantes et magnifiques envahies par la végétation, des hommes ont vécu dans la pénitence et le travail selon la règle de vie stricte de Saint Benoit, pensant pouvoir atteindre ainsi plus sûrement la perfection, et mériter le Paradis. Cette branche monastique des Cisterciens fondée par Robert de Molesmes en 1098, connut un essor considérable sous l’impulsion de Bernard de Clairvaux qui était probablement un ami de l’archevêque de Bourges « Vulgrain » qui créa, avec l’Abbé Robert, le site de Lorroy .

Protégée par le Roi de France Louis VI dès 1129 et ses successeurs, puis favorisée par la puissante dynastie des Sully qui y installa son tombeau de famille, l’abbaye connut une vie régulière à peine troublée par la guerre de « cent ans ». Cependant, le Lundi de Pentecôte 1562 à 9H30 du matin, les protestants huguenots d’Aubigny pillèrent et détruisirent tout ce qui était susceptible de l’être, puis brûlèrent le peu de restes au milieu de l’église. Un siècle plus tard, le 4 Août 1661, un incendie la ruina totalement. Il faudra cent années pour la reconstruire.

Cette abbaye est malheureusement aujourd’hui à l’abandon.
Grâce à sa sœur Isabelle qui aimait s’y promener, Henri Alain-Fournier la fera cependant entrer dans la légende du Grand Meaulnes , dans le cadre de la «fête étrange du domaine mystérieux».